par Nathalie Curchod et Claudine Raillard
Les buts poursuivis sont de trois ordres:
offrir un loisir très demandé : le jardinage,
sensibiliser à l'environnement,
animer la vie du quartier, renforcer sa cohésion sociale.
Le jardinage, rarement possible en milieu urbain, procure une vraie détente à laquelle aspire un nombre croissant de citadins.
Comme en témoigne le succès des salons du jardinage, nos contemporains, stressés, isolés, évoluant dans un univers de plus en plus artificiel, souhaitent vivement profiter d'une Nature de proximité et aussi avoir la possibilité de s'y impliquer très concrètement en jardinant. Activité physique, de plein air, au rythme des saisons, productive ou créative, le jardinage est un loisir accessible à tous, peu onéreux et riche d'enseignements. Pratiqué à proximité immédiate du domicile (cinq minutes à pied), il permet de se détendre sans déplacement particulièrement contraignant en ville.
Le jardinage ne requiert pas de compétences très pointues et permet une sensibilisation très didactique, très pratique, aux questions d'environnement. Le jardin de voisinage fournit l'occasion de pratiquer un peu d'écologie urbaine, de mettre en avant des valeurs essentielles, vitales, qui n'ont pas de prix, de responsabiliser différentes populations et en priorité les enfants, par rapport à l'environnement. Quelle profonde leçon de choses que préparer la terre, semer, arroser, observer, patienter, désherber, tailler et enfin, suprême récompense : récolter, puis recommencer. Ce cycle de vie qui est le nôtre aussi.
Il n'est pas besoin d'insister sur les leçons de patience, de compréhension et de respect de l'environnement que permet d'intégrer le jardinage. Ainsi, assez naturellement, ce jardin de voisinage pourrait accueillir les enfants des écoles, les collégiens du quartier. Des directeurs de ces établissements ont manifesté leur intérêt pour ce projet. De la même manière, apprendre à jardiner aux enfants en échec scolaire pourrait constituer un des volets du projet de soutien scolaire auquel réfléchit activement notre association de quartier.
Le jardin collectif de voisinage se veut un lieu de convivialité, de partage, d'échanges, un outil de lien social. Situé au coeur du quartier Saint-Bernard, une zone d'habitation dense, à proximité des écoles, du foyer de personnes âgées, des jardins d'agrément (où l'on peut certes déjà se retrouver, mais sans le précieux moteur de l'action, sans participer à une "oeuvre" collective plaisante et profitable à tous).
Le jardin collectif de voisinage doit permettre d'accueillir, de faciliter la communication entre les différentes populations du quartier : enfants, collégiens / seniors, personnes âgées, actifs / inactifs ...
Ce peut être un idéal terrain d'entente entre des générations, des catégories sociales diverses.
En terme d'animation, notre association a déjà pu mesurer les retombées extrêmement positives du vide-grenier organisé chaque année en Mai depuis deux ans : échanges au sens propre et au sens figuré, atmosphère "bon enfant" contribuant à développer un sentiment d'appartenance, d'intégration et d'ouverture au quartier.
La création d'un jardin collectif de voisinage serait à cet égard très utile socialement.

Le jardinage, on le perçoit clairement, présente de nombreux avantages : détente, éducation à l'environnement , animation du quartier, cohésion sociale, ces différents objectifs sont d'ailleurs largement interdépendants. L'association de quartier est particulièrement attachée à ce projet car il permet de conjuguer ses principaux buts. Il requiert très peu de moyens financiers et répond à de fortes attentes des habitants du quartier. La présence d'une jardinière de profession, en quelque sorte "chef de projet" du jardin collectif de voisinage, est un précieux atout technique. Le capital de sympathie et de compréhension rencontré jusqu"à présent tant auprès des habitants du quartier que des élus de l'arrondissement nous incite à poursuivre avec confiance.
Le peu de terrains disponibles au coeur du quartier rend difficile le choix d'un lieu pour ce jardin.
La Mairie du XIème, favorable à ce projet, a organisé une première réunion à laquelle participait le responsable des Espaces Verts du secteur. Il nous est proposé un terrain, assez éloigné, pour une première expérience. D'autre part, un bilan général de l'usage des équipements de proximité pourrait en permettre une distribution différente et dégager un espace propice à ce projet.
Pour être très concret nous avons imaginé ainsi le fonctionnement du jardin (en nous inspirant de très près de l'expérience des "plantages" de Lausanne)
0. Un panneau d'informations permanent annonce et rend compte des activités et évènements du jardin (fonctionnement, échanges de plantes et graines, ...)
1. Le terrain est divisé en parcelles paralelles d'environ 6m2, séparées entre elles par d'étroites allées de terre battue ou enherbées. Ces parcelles ont bénéficié d'un apport de terre et/ou d'un premier labour par les services des jardins de la ville. L'alimentation collective en eau est installée (cependant, la récupération de l'eau de pluie est encouragée).
2. Les personnes (ou groupes de personnes) souhaitant jardiner s'inscrivent à l'Association du quartier St Bernard (paiement de l'adhésion) qui leur attribue une parcelle pour une durée de un an renouvelable chaque fin d'année. Elles s'engagent à accepter le règlement d'usage du jardin. Les proches voisins sont préférés (habitant dans un rayon de cinq minutes à pied). En cas de déménagement hors de ce rayon, les personnes devront abandonner leur parcelle.
3. Sur ces parcelles sont possibles les cultures suivantes : fleurs, légumes, petits fruits (arbustes à baies), herbes aromatiques. Ni arbres, ni gazon. Les achats sont à la charge des jardiniers. Des conseils techniques sont donnés à la demande.
4. Les jardiniers sont responsables de l'entretien de leur parcelle. Abandonnée, une parcelle est attribuée à un autre demandeur.
5. L'usage de produits de traitement chimiques et d'engrais chimiques est parcimonieux, sinon nul (à ce point de vue aussi, conseils à la demande). Le compostage des déchets est souhaitable.
Les cultures ne doivent pas déborder de la parcelle afin de ne pas gêner les voisins.
6. Aucune installation fixe (abri couvert, clôtures, dallages,...) n'est possible. Par contre l'outillage peut être rangé dans un coffre collectif. Les déchets peuvent être déposés dans un silo à compost collectif.
Séparée des parcelles cultivées par une clôture basse (éventuellement fabriquée par des artisans ou artistes du quartier (sous réserve de conformité : voir avec services des Espaces Verts)), cette partie est particulièrement destinée aux enfants,
Selon la place disponible, cette aire est équipée de jeux et bancs.
Les jeux sont de préférence à base de matériaux naturels tels le bois et le saule vivant (voir annexe) ; le mobilier pourrait être fabriqué par les artisans ou artistes voisins.
La maintenance est à la charge des usagers.
Il faut envisager, au début tout au moins, la fermeture nocturne du jardin. Les modalités sont à étudier.
Voir aussi la question des assurances.